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Force mentale | Comment parvenir à un mental de gagnant ?

Un mental de gagnant n’est pas uniquement la conséquence d’une suite d’événements favorables qui vous donne le sentiment d’être invincible, mais il est le résultat d’une force mentale qui résiste à toutes les épreuves.

Cette force mentale est décrite par J.E. Loerh comme « l’habilité de performer au plein potentiel de ses habiletés et de son talent de façon constante, dans un contexte de compétition » [1].

Si la force mentale a souvent été étudiée dans le domaine sportif, les conclusions auxquelles de nombreux chercheurs comme Bull et al.,ou Gucciardi et al. sont parvenus peuvent parfaitement s’appliquer à tous ceux qui souhaitent atteindre un objectif dans un milieu de compétition.

Qu’est-ce que la force mentale pour Bull et al. (2005) ?

Elle s’appuie sur une triade : un caractère fort, une attitude forte et un processus de pensée fort.

Un caractère fort en tant que composante de la personnalité

Il est représenté par un désir profond d’indépendance, une bonne capacité à déterminer le processus de développement adéquat, un niveau de confiance en soi stable et le goût de la compétitivité.

Une attitude forte

Elle se reconnaît par une détermination sans failles, une appétence pour le risque, la capacité à saisir les opportunités d’apprentissage, un locus of control [2] interne, une croyance en l’importance du travail accompli pour se préparer à gagner, de la persévérance et le refus de s’avouer vaincu.

Un processus de pensée fort

C’est ce 3e pilier qui permet d’exploiter les qualités d’un caractère fort. Ainsi la force mentale d’un champion repose sur la confiance en soi et une prise de décision efficace.

Quel est le point de vue de Gucciardi et al. (2008) sur la force mentale ?

Ces chercheurs considèrent la force mentale comme un construit multidimensionnel qui met en jeu les composantes affective, cognitive et comportementale. Ils entrent plus dans le détail des éléments qui sont à la base de la force mentale en identifiant différentes caractéristiques clés qu’ils ont remarquées en étudiant les rugbymen australiens.

Il s’agit de :

  • la croyance en ses habiletés ;
  • l’éthique de travail ;
  • des valeurs personnelles ;
  • une motivation internalisée ;
  • une grande capacité de concentration centrée sur l’objectif ;
  • la résilience ;
  • une parfaite adaptation aux situations de pression ;
  • une intelligence émotionnelle et sportive.

Tous ces traits de caractère sont associés à une bonne résistance physique. Si certains de ces critères sont plus importants que d’autres comme la confiance en soi et l’estime de soi, ils sont malgré tout reliés entre eux.

Peut-on étendre les atouts de la force mentale des sportifs à tous les domaines professionnels ?

Sans aucun doute, je réponds OUI. En effet, si l’on continue la lecture des différentes études, on peut faire les constats suivants :

  • Les sportifs qui ont une bonne force mentale font plus facilement face aux pressions qui proviennent aussi bien des pairs que des blessures physiques. C’est exactement la même chose dans la sphère professionnelle. Les collègues ne sont pas toujours très fair-play dans la compétition pour décrocher une promotion et ce sont ceux qui sont capables de résister à l’abattement en cas d’échec qui finissent par obtenir le poste qu’ils convoitent, même s’ils doivent faire preuve de patience et de persévérance.
  • La force mentale des athlètes leur permet de faire face à toutes les pressions venant de l’extérieur (conditions météo défavorables, public hostile) et de l’intérieur comme la fatigue ou une baisse du niveau de confiance en soi. Ceux qui réussissent dans l’entreprise individuelle sont comparables à ces sportifs. Ils doivent parfois lutter contre le découragement, l’influence de leur famille et de leurs proches, les problèmes financiers, la tentation de retourner dans le salariat…

Ce qui favorise le mental de gagnant

Cultiver sa force mentalePosséder les qualités qui sont la base de la force mentale n’est pas suffisant, encore faut-il les cultiver. Ci-dessous quelques conseils pour y parvenir.

Ne pas s’apitoyer sur soi-même

Vous avez échoué et vous vous sentez abattu ? Sortez du champ émotionnel et ne pleurez pas sur votre sort. Vous devez absolument ramener vos pensées dans le cognitif. Si vous voulez réussir la prochaine fois, vous devez commencer par étudier les raisons qui vous ont empêché de connaître le succès.

Imaginons que vous soyez un freelance et que votre énième devis ait été refusé par un potentiel client. Voici les questions que vous devez vous poser :

  • Est-ce que mon prospect était qualifié ?
  • Ai-je bien répondu à sa demande ?
  • Ma proposition entrait-elle dans son budget ?
  • Ai-je bien défini les batteries limites de mon intervention sans rien laisser dans le flou ?
  • Ai-je suffisamment fourni de preuves de mon expérience et de mon sérieux ?
  • Ai-je envoyé mon devis dans des délais raisonnables ?

Cette énumération est loin d’être exhaustive et c’est à vous de vous créer une liste type de questions suivant votre domaine d’activité. Elle vous servira la prochaine fois pour vérifier que votre proposition répond bien à toutes ces interrogations avant de l’envoyer.

Éviter de parler de ses échecs

Je sais qu’il est parfois très tentant de s’épancher auprès d’une oreille attentive et compatissante lorsque l’on vient de perdre une affaire. Mais il est inutile de ressasser votre échec, car cela ne sert à rien et vous gâchez un temps précieux. Sans compter que vous risquez d’avoir à faire à des personnes défaitistes qui saisiront cette occasion pour vous encourager à changer de voie.

Lorsque l’on subit une déception, on est forcément plus vulnérable et l’abandon peut apparaître comme la meilleure solution pour ne plus connaître ces moments de tristesse. Donc, fuyez tous ceux et celles qui vous diront que vous n’avez pas de chance ou que vous êtes dans un domaine complètement saturé. C’est peut-être vrai, mais c’est à vous d’en décider sans vous laisser influencer.

Changer ce qui peut l’être et ne pas s’acharner sur ce qui ne dépend pas de soi

Travailler en indépendant est une source de liberté et une possibilité d’exercer un métier qui répond à vos valeurs. Mais, cette face rose est comme toute chose accompagnée de sa face grise.

Si un salarié peut se retrouver au chômage parce que la société qui l’emploie n’a plus de contrat, c’est un événement qu’il ne peut pas maîtriser et encore moins changer. En revanche, si vous êtes freelance et que le travail vient à manquer, la situation n’est pas la même, même si elle présente quelques similitudes. La différence majeure est que vous pouvez réagir en vous diversifiant, en redoublant d’énergie pour prospecter, en revoyant vos tarifs et vos exigences…

Bref, vous avez une certaine marge de manœuvre. Votre grande force est votre capacité d’adaptation. Il faut parfois faire le dos rond et laisser passer les mauvais moments en profitant de ces périodes pour s’améliorer et se tenir toujours prêt à rebondir lorsque le marché repart à la hausse.

Essayer de mettre en pratique la théorie d’Einstein pour la résolution des problèmes

Vous connaissez peut-être la position d’Einstein sur la meilleure manière de venir à bout d’un problème. Il disait que s’il ne lui restait qu’une heure pour sauver le monde, il consacrerait 55 minutes à définir la problématique et seulement 5 minutes pour trouver la meilleure solution.

En effet, c’est une preuve de bon sens. Comment voulez-vous trouver une voie d’issue si vous n’avez pas pris le temps d’étudier la situation dans laquelle vous vous trouvez.

  • Quels sont les choix qui vous ont amené dans cette impasse ?
  • Quelle est la vraie nature de la difficulté que vous rencontrez ?
  • Etes-vous sûr de prendre le problème dans sa totalité ou avez-vous tendance à vous focaliser sur un détail ?

Toutes ces questions vous permettront de mieux situer le point d’achoppement et partant de là, de trouver la meilleure façon de franchir l’obstacle.

En agissant ainsi, vous éviterez de saisir la première solution qui se présente à votre esprit pour choisir la mieux adaptée.

Garder la tête froide

Ne vous laissez pas tenter par des changements répétitifs, sous prétexte que vous connaissez quelqu’un qui a réussi en prenant une autre voie. Sauter de branche en branche n’est pas un gage de réussite. Si vous avez choisi le métier que vous exercez et si vous avez bien préparé la création de votre entreprise en étudiant sérieusement le marché, alors il n’y a aucune raison d’en changer.

En revanche, si vous vous rendez compte que vous avez fait fausse route, il est peut-être temps de vous tourner vers une reconversion professionnelle, mais en veillant à utiliser la majeure partie des compétences que vous avez déjà acquises. Faute de quoi, vous serez un éternel débutant avec toutes les difficultés que cela entraîne.

Conserver son capital de confiance en soi

Lorsque vous échouez, ce n’est pas vous qu’il faut remettre en question, mais ce que vous avez fait. Il existe de multitudes raisons qui ont pu vous pousser à commettre des erreurs, mais cela ne doit pas diminuer votre niveau de confiance et d’estime. Bien au contraire, vous avez été audacieux, vous avez pris des risques et ces qualités sont indépendantes du résultat.

Prenez le temps d’étudier la situation, repérez vos faiblesses professionnelles, appuyez-vous sur vos points forts ou faites appel à un coach si vous vous sentez un peu perdu… Mais surtout, ne vous arrêtez pas, ne vous repliez pas sur vous-même. Tous ceux qui ont réussi ont connu des moments de doute et des échecs douloureux. Leur qualité commune est leur force mentale qui leur a permis de continuer leur route vers le succès.

Pour conclure, je vous engage à faire vôtre cette maxime de Diderot :

C’est peut-être chez les artisans qu’il faut aller chercher les preuves les plus admirables de la sagesse de l’esprit, de sa patience et de ses ressources.

Ainsi nul ne peut réussir dans sa vie professionnelle sans accepter de vivre des situations délicates. Si vous avez le goût du risque, que vous êtes audacieux sans pour autant être téméraire, avec une bonne dose de patience et de persévérance, je suis certaine que vous saurez vaincre l’adversité et cultiver sans faillir votre force mentale.

Ce qui s’oppose au mental du gagnant

Ce qui détruit le mental du gagnantDans La boite à outils de la confiance en soi d’Anne Leibovitz, on peut lire que « les bouddhistes disent que la pensée négative est fabriquée ». En effet, elle prend son origine dans l’éducation que nous avons reçue et dans les différentes situations que nous avons vécues.

En psychologie cognitive, on parle de « schémas mentaux ». Ils sont stockés dans notre mémoire à long terme et nous aident à faire face rapidement à de nouvelles informations. Avec ces représentations mentales abstraites, nous construisons des cadres qui nous permettent de réagir dans des circonstances semblables. Ainsi si nous établissons des schémas mentaux inadaptés, nous avons des comportements dysfonctionnels.

Se laisser envahir par des pensées négatives met en danger la confiance en soi et par conséquent notre estime de soi.

Les travaux du psychiatre Aaron T. Beck montrent d’ailleurs que l’origine de la dépression se situe souvent dans des schémas cognitifs inadaptés. Le sujet n’est pas objectif ; il tend à se déprécier et évalue de manière négative son environnement et son avenir.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire !


[1] Loehr, J. E. (1995). The new toughness training for sports, New York, A Plume Book.

[2] Deux types de locus of control (lieu de contrôle) existent. « Le contrôle interne évoque les individus qui croient que leurs renforcements dépendent de leur comportement, de leurs capacités ou de leurs caractéristiques propres. Le contrôle externe évoque les individus qui croient que leurs renforcements ne sont pas sous leur contrôle propre, mais qu’ils sont plutôt sous le contrôle d’altérités puissantes comme le hasard ou le destin » V.C. Joe « Review of the Internal-External Control Construct as a Personality Variable », Psychology reports, 1971, 28, n° 2, pp. 619-640.

Cet article a 3 commentaires

  1. Yseult

    Excellent article sur le mental ! J’ajouterais juste que effectivement ressasser ses echecs risque de nous plonger dans le négativisme, mais il est bon aussi de voir ses échecs et de les analyser « froidement » en tout cas le plus possible pour faire autrement la fois d’après. Quant à l’entourage, effectivement il vaut mieux bien choisir à qui on se confie quand on parle de ses échecs sinon on risque d’être plombé!

    1. Michèle DAVID

      Merci Yseult d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire.

      Cordialement,
      Michèle

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