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Femmes entrepreneures individuelles | Leurs motivations

Les femmes entrepreneures individuelles sont de plus en plus nombreuses depuis ces dernières années. Selon les statistiques de l’INSEE, sur plus de 800 000 entreprises créées en 2019, 39 % le sont par des femmes. La pandémie de covid-19 n’a pas eu raison de leur énergie ni de leur optimisme. Ainsi, les immatriculations de sociétés féminines ont connu une hausse significative au 2e trimestre 2020 par rapport à la même période en 2019.

Ces chiffres encourageants m’ont conduit à me pencher sur les différentes motivations des femmes qui s’engagent dans l’entrepreneuriat individuel.

Pourquoi les femmes se lancent-elles dans l’entreprise individuelle ?

Souvent interrompue par la naissance des enfants, la carrière des femmes est difficilement linéaire et se présente sous la forme de « dents de scie ». Elles doivent être efficaces sur plusieurs fronts et mener parallèlement une vie professionnelle et une vie de mère et de femme. Dans ces conditions, à la différence des hommes, il leur est impossible de répondre toujours positivement à la demande de leurs employeurs, comme :

  • Faire des heures supplémentaires
  • Prendre un avion en étant prévenue seulement quelques heures à l’avance
  • Participer à des conférences
  • Faire acte de présence à des dîners…

Autant de contraintes qui sont rarement compatibles avec la vie familiale pour les femmes. Pour une raison simple, elles gèrent près de 80 % des tâches familiales et domestiques. Quant aux mères célibataires ou divorcées, c’est 100 % !

Ces interruptions dans leur carrière entraînent souvent des changements successifs d’employeur.  Dans ces conditions, elles ne peuvent pas progresser dans leur vie professionnelle et s’épanouir dans leur domaine d’activité.

C’est ainsi que certaines femmes prennent la décision de créer leur propre entreprise.

Femmes entrepreneures : par choix ou par obligation ?

La décision de se lancer dans une entreprise individuelle peut être choisie ou subie. On parle ainsi du phénomène de push et pull. Il s’agit de déterminer si la décision de se lancer dans l’entreprise individuelle est une nécessité ou une opportunité.

L’entreprise par obligation

La mobilité géographique est aujourd’hui imposée quasiment dans toutes les sociétés. Les femmes sont alors contraintes de quitter leur emploi pour suivre leur conjoint dont l’entreprise est délocalisée. Si elles rencontrent sur place des difficultés pour retrouver un emploi dans leur domaine, c’est le moment qu’elles choisissent pour créer leur propre activité.

C’est également le cas pour les femmes qui se retrouvent sans travail depuis un certain temps et dans une situation financière précaire. Elles n’ont alors pas d’autre choix que de tenter l’aventure, en espérant réussir à gagner leur vie d’une manière décente.

L’entreprise par choix

L’entrepreneuriat est considéré par certaines femmes comme une excellente manière de s’épanouir professionnellement, tout en accordant suffisamment de temps à leur famille. D’ailleurs, c’est souvent à l’occasion d’un licenciement que les femmes saisissent cette opportunité pour satisfaire un désir profond d’indépendance et d’une certaine liberté retrouvée. On retrouve chez elles les principales motivations suivantes :

  • Gagner en indépendance et en autonomie
  • S’accomplir dans une réalisation personnelle
  • Se donner un défi personnel
  • Obtenir la reconnaissance de leurs compétences
  • Exercer une activité en accord avec leurs valeurs

Viennent ensuite des considérations plus générales, comme l’acquisition d’un certain pouvoir ou la participation au développement économique.

Femmes entrepreneures individuelles : le paradoxe des mampreneures

Mère entrepreneure

C’est souvent à l’occasion d’une grossesse ou d’un congé maternité que certaines femmes décident de revoir leur organisation pour consacrer plus de temps à leur vie de famille. Cependant, elles refusent de choisir entre le travail et le rôle de maman et veulent concilier les deux.

Pour Aude d’Andria, spécialiste en entrepreneuriat et management stratégique :

« Cette nouvelle forme d’expression entrepreneuriale au féminin semble plutôt contre-intuitive compte tenu des contraintes personnelles, familiales et professionnelles que la maternité, d’un côté, et la création d’entreprise, de l’autre côté, imposent. Mais les faits sont là ».

Eh oui, les mampreneurs ne sont ni un épiphénomène ni une mode passagère, puisque leur nombre ne cesse de croître… et qu’elles réussissent ! Ceci est probablement dû à certaines qualités dont de nombreuses femmes sont abondamment pourvues, comme la polyvalence, la détermination, la persévérance…

Enfin, si l’on prend connaissance de la très intéressante étude d’Aude d’Andria Éclairage sur le processus entrepreneurial des mampreneurs. Étude exploratoire de leur dynamique effectuale, on apprend que les mampreneurs adoptent souvent le Lean Startup. Cette façon d’entreprendre consiste à proposer une offre minimale, à la tester auprès de ses prospects, puis à l’ajuster de manière qu’elle corresponde à ce que le client attend.

En procédant ainsi, par itérations, elles peuvent avancer à leur rythme et ne pas perdre de temps et d’argent en se lançant à fond dans une activité dont les résultats sont hasardeux.

Enfin, les différentes études faites sur les femmes entrepreneures font apparaître que leurs motivations sont souvent différentes de celles des hommes. Pour concilier au mieux leur vie familiale et leur envie de réussir professionnellement, elles recherchent de préférence des domaines qui sont compatibles avec leurs objectifs et leurs convictions, plutôt que de viser en priorité ceux qui sont les plus lucratifs.

Cet article a 6 commentaires

  1. Marina

    Bonjour Michèle, merci pour cet article qui me parle énormément ! En effet, je suis une mampreneure du web et je me retrouve dans les raisons que tu évoques. La maternité, un vrai déclic mais l’entrepreneuriat était dans un coin de ma tête depuis au moins 20 ans donc j’ai simplement répondu à mon “moi profond” car ma motivation (ma fille) était inébranlable ! Super intéressant l’étude, cela va me conforter dans ma décision de reconversion et ma nouvelle mission de vie 🙂

    1. Michèle DAVID

      Bravo Marina, vous êtes une mampreneure en devenir et je vous souhaite une belle réussite !

  2. NORELLE SARA

    Bonjour, J’ai été attiré par cet article puisque je me lance moi aussi dans la création d’une entreprise suite à ma maladie qui va peut-être faire que je ne pourrais plus être prof et qu’il faudra que je travaille de chez moi…
    Ton article est très intéressant surtout j’ai apprécié que tu mettes un lien vers une étude sur les mampreneures… C’est vrai que beaucoup font ce choix pour gérer les enfants mais du coup, je me demande si ce n’est pas faire le jeu du patriarcat même si beaucoup de femmes le font par choix… comme elle reste à la maison, leur conjoint ne va-t-il considérer que c’est à elle de gérer les tâches ménagères et les repas ?

    1. Michèle DAVID

      Merci Sara pour votre commentaire. En effet, le partage des tâches est un élément qui pose parfois problème ! Il me semble que la meilleure solution est d’abandonner la notion de “partage strict” et de s’orienter plutôt vers une coopération. Il s’agit de laisser à chacun la possibilité de s’épanouir dans sa vie professionnelle et familiale et d’éviter que les mères soient obligées de renoncer à une activité. Se lancer dans l’entreprise surtout si elle est faite depuis de son domicile n’est pas synonyme de “mère au foyer” qui consacre tout son temps à élever les enfants du couple. Je pense que la société évolue chaque jour et que la parité finira par prendre sa place aussi bien dans l’entreprise, dans la politique que dans le couple.

  3. Deltrey

    Article très intéressant !
    Pour ma part, je suis entrepreneur par choix. Mon ancienne carrière ne correspondait plus à mes valeurs, j’avais besoin d’un travail qui soit en accord avec la personne que je suis et qui me permette d’être en contact avec d’autres personnes.

    1. Michèle DAVID

      Merci pour votre commentaire et bravo !
      Vous êtes dans les meilleures conditions pour réussir, car vous avez entrepris par choix et non par obligation. Je vous souhaite la plus belle des réussites (si ce n’est pas déjà fait !).
      Bien à vous,
      Michèle

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