Stress | Quels sont les déclencheurs ?

Stress | Quels sont les déclencheurs ?

La peur est le premier déclencheur du stress

Les événements qui déclenchent un stress sont souvent des situations qui nous font peur. Nous pouvons ressentir la peur d’être blessé physiquement, mais aussi psychologiquement. Nos très lointains ancêtres ressentaient surtout des peurs physiques. Ils avaient peur d’être agressés par des animaux  en quête de nourriture ou par d’autres hommes qui voulaient les voler ou attenter à leurs jours. Nos peurs sont aujourd’hui en grande partie des peurs psychologiques. Cependant, quel que soit le type de peur ressentie, le circuit de l’émotion que nous ressentons est similaire.

 

Le circuit de la peur

 

Sans vouloir entrer dans des détails neurologiques, il faut malgré tout connaître le cheminement qui se fait dans notre cerveau lorsque nous sommes effrayés. Comprendre ce qui se passe est un premier pas pour apprendre à gérer nos réactions de stress.

Les peurs physiques

Feu de signalisation

 

Prenons un exemple : vous êtes sur le point de traverser une rue à quatre voies. Vous avez attendu que le feu de signalisation devienne rouge. Vous vous sentez en sécurité puisque le Code de la route oblige tous les conducteurs (automobilistes, motos ou vélos) à stopper pour vous laisser passer. Or, il se trouve qu’au moment où vous dépassez le premier véhicule qui s’est bien arrêté, un bolide surgit dans la deuxième file. Que se passe-t-il alors dans votre cerveau ? La perception visuelle de ce danger imminent a déclenché un des deux circuits de la peur : le circuit court. C’est celui qui passe directement du thalamus à l’amygdale sans détour par le cortex. Il provoque immédiatement les réactions corporelles de la peur que nous avons décrites dans l’article précédent. C’est le système sympathique qui est alors entré en jeu.

Au moment même où la voiture responsable de votre frayeur va stopper net (eh oui, restons optimistes !), votre perception visuelle de son arrêt va freiner la fonction amygdalienne. Cela va entraîner le déclenchement du système parasympathique pour que votre corps retrouve son équilibre (le fameux principe d’homéostasie !).

Dans ce cas précis, on constate qu’il était nécessaire que ce circuit court soit activé, car il a permis que tous vos sens soient en éveil. Il vous a donné l’énergie nécessaire (le stress positif) pour stopper immédiatement votre avancée et vous faire amorcer un mouvement de recul pour vous mettre à l’abri. Cette réaction était salutaire, car elle vous a protégé.

Dans une telle circonstance, il n’était évidemment pas question d’objectiver l’événement qui était en train de se produire, en tentant de calculer quelles étaient les chances que le véhicule s’arrête. Vous n’aviez de toute façon aucun pouvoir sur la manière dont le conducteur allait réagir en vous apercevant ni sur l’efficacité des freins de sa voiture.

Généralement, les peurs physiques sont bénéfiques, car elles nous permettent d’éviter de nous mettre inconsidérément en danger.

À présent voyons ce qu’il en est des peurs psychologiques et quel est leur mécanisme.

Les peurs psychologiques

Elles sont si nombreuses qu’il serait difficile d’en faire une liste exhaustive ! Parmi les plus fréquentes, on peut citer :

  • la peur de ne pas réussir (vie professionnelle ou vie privée) ;
  • la peur de la maladie ;
  • la peur des autres (peur de parler en public, peur d’exprimer ses désirs, peur de revendiquer, peur d’aimer…) ;
  • la peur de tout ou pantophobie.

Lorsque ces peurs deviennent récurrentes et finissent par nous paralyser, on parle alors de phobies (mais ceci fera l’objet d’un autre article !).

Objectiver un événement pour mieux le maitriser

Il s’agit d’être en mesure de considérer une situation nouvelle en faisant taire autant que possible les émotions qu’elle fait naître et en utilisant au mieux nos fonctions cognitives.

Prenons le cas d’une peur dans le domaine professionnel. Vous êtes employé depuis des années dans la même société et vous désespérez de voir un jour votre carrière évoluer. Pourtant vous pensez que vous auriez les compétences pour occuper un poste plus élevé que celui que vous occupez. Bien sûr, vous ne visez pas le siège de votre directeur. Cependant, vous estimez que vous avez acquis suffisamment d’expérience pour qu’on vous confie des fonctions équivalentes à celles de votre supérieur hiérarchique (le N + 1, comme il est habituel de le nommer aujourd’hui).

Or, un matin alors que rien ne vous y préparait, vous êtes convoqué par la Direction des ressources humaines. Vous apprenez alors que ledit supérieur va s’absenter pour de longs mois en raison de problèmes de santé et l’on vous demande si vous êtes d’accord pour le remplacer. Deux réactions sont alors possibles : soit vous êtes tellement heureux que vous ne ressentez aucune inquiétude ni aucun stress, soit vous êtes soudain dans un véritable état de panique. Remarquez que dans le premier cas, il y a fort à parier que la peur succède rapidement à la joie. 

Examinons objectivement cette situation. Il n’y a aucune raison pour que cette annonce ait déclenché immédiatement de la peur. Vous aviez envie d’une promotion depuis longtemps, et vous vous en sentiez parfaitement capable. Pourtant vous voilà la gorge sèche, tremblant et peut-être même devenu muet comme une carpe. Que s’est-il passé ?

 

La peur de réussir

Le peur de la réussite

Évoluer c’est forcément sortir de sa zone de confort. Vous occupez le même poste depuis des années, des routines se sont installées. Vous n’avez aucune raison d’arriver inquiet à votre travail chaque matin puisque vous allez accomplir globalement les mêmes tâches. Évidemment, il est parfois arrivé que des grains de sable se glissent dans le déroulement de vos activités, mais vous saviez comment vous en sortir. Vous maîtrisez parfaitement votre métier, donc vous évoluez dans un environnement sécurisant.

Une promotion c’est un changement et tout changement est un deuil. Vous allez perdre cette tranquillité qui vous sécurisait. Lorsque le DRH vous a fait la proposition de remplacer votre supérieur, c’est une des idées qui vous est venue à l’esprit. Elle a été certainement suivie  par la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d’être renvoyé… Vous vous êtes laissé envahir par un cortège de pensées négatives.

Pourtant, lorsque vous rêviez d’un avancement, vous n’envisagiez que le côté positif (un meilleur salaire, de nouvelles responsabilités, une position sociale plus élevée…).

Vous avez soudain peur de l’échec donc vous vous sentez en danger et votre système sympathique l’a bien compris. Il s’est immédiatement mis en route pour que vous soyez en mesure de combattre ou de fuir.

Dans notre prochain article, nous verrons comment faire pour préférer le combat à la fuite et transformer un stress négatif en un stress positif.

La lecture de ce deuxième article a déjà amené des questions, ? N’hésitez pas à me les poser dans vos commentaires, je serai ravie d’y répondre.

 

 

À très bientôt !

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